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Assemblée générale de copropriété : guide complet 2026

Les assemblées générales de copropriété suscitent souvent appréhension et questions chez les copropriétaires. Entre les règles de convocation, les modalités de vote et la portée des décisions, le cadre juridique peut paraître complexe. Ce guide détaille l'ensemble des règles applicables aux assemblées générales de copropriété en 2026, depuis leur préparation jusqu'à l'exécution des décisions votées. Il s'adresse aux copropriétaires souhaitant comprendre leurs droits et obligations, ainsi qu'aux syndics et conseils syndicaux confrontés à des situations concrètes.

Organisation et convocation de l'assemblée générale

Qui convoque l'assemblée générale de copropriété ?

Le syndic détient la compétence de principe pour convoquer l'assemblée générale, conformément à l'article 18 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965. Cette obligation lui incombe au moins une fois par an pour l'approbation des comptes et le vote du budget prévisionnel.

Le conseil syndical peut également demander au syndic de convoquer une assemblée générale extraordinaire. En cas de refus ou d'inaction du syndic, les copropriétaires représentant au moins un quart des voix peuvent saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une ordonnance de convocation, selon l'article 17-2 de la loi de 1965.

Dans les copropriétés sans syndic professionnel, le président du conseil syndical assure cette mission. Cette situation concerne principalement les petites copropriétés de moins de dix lots.

Délais et modalités de convocation

La convocation doit parvenir à chaque copropriétaire au moins 21 jours avant la date de l'assemblée générale copropriété, conformément au décret n°67-223 du 17 mars 1967. Ce délai se calcule en jours francs, excluant le jour d'envoi et celui de l'assemblée.

La convocation peut être adressée par :

  • Lettre recommandée avec accusé de réception
  • Remise en main propre contre émargement
  • Voie électronique si le copropriétaire a donné son accord exprès

Depuis l'ordonnance n°2019-1101 du 30 octobre 2019, la convocation électronique devient la règle par défaut, sauf opposition expresse du copropriétaire dans un délai de six mois.

Contenu obligatoire de la convocation

La convocation à l'AG copropriété doit impérativement contenir :

L'ordre du jour détaillé précisant l'objet exact de chaque résolution. Une formulation générique comme "divers travaux" ne suffit pas et peut entraîner l'annulation des délibérations correspondantes.

La date, l'heure et le lieu de réunion. Le lieu doit être accessible et situé dans la commune où se trouve l'immeuble, sauf accord contraire de l'assemblée générale.

Les modalités de participation, notamment la possibilité de se faire représenter par un mandataire ou de voter par correspondance si le règlement de copropriété le prévoit.

La mention que le copropriétaire peut prendre connaissance des documents préparatoires au siège du syndic ou selon les modalités définies par l'assemblée générale.

Déroulement et présidence de l'assemblée

Désignation du président de séance

L'assemblée générale débute par l'élection du président de séance. Cette fonction peut être exercée par tout copropriétaire présent, y compris le syndic s'il est également copropriétaire. Le vote s'effectue à la majorité simple des voix exprimées.

Le président de séance dirige les débats, donne la parole, fait respecter l'ordre du jour et supervise les opérations de vote. Il ne dispose d'aucun pouvoir disciplinaire mais peut suspendre temporairement la séance en cas de troubles.

Le procès-verbal mentionne obligatoirement l'identité du président élu et les conditions de son élection.

Vérification du quorum et constitution du bureau

Le président vérifie la validité de la constitution de l'assemblée en contrôlant :

  • La régularité des convocations
  • Le nombre de copropriétaires présents ou représentés
  • La validité des pouvoirs remis aux mandataires

L'assemblée générale peut délibérer quel que soit le nombre de copropriétaires présents. Aucun quorum n'est requis pour sa tenue, contrairement aux majorités nécessaires pour adopter les résolutions.

Un secrétaire de séance est désigné pour assister le président dans l'établissement du procès-verbal. Cette fonction est généralement confiée au syndic ou à un membre du conseil syndical.

Feuille de présence et décompte des voix

La feuille de présence constitue un document essentiel qui recense :

  • L'identité de chaque copropriétaire présent ou représenté
  • Le nombre de voix dont il dispose selon l'état descriptif de division
  • Les éventuelles restrictions de droits de vote

Ce document permet de calculer les majorités requises pour chaque type de décision. Il doit être signé par chaque participant et annexé au procès-verbal.

Les usufruitiers votent pour les décisions relatives à l'administration, l'entretien et la conservation de l'immeuble. Les nus-propriétaires exercent leurs droits de vote pour les décisions affectant la structure ou la valeur de l'immeuble.

Types de majorités et règles de vote

Majorité simple (article 24 de la loi de 1965)

La majorité simple, ou majorité de l'article 24, s'applique à la majorité des décisions courantes de gestion. Elle correspond à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés, abstentions exclues.

Cette majorité concerne notamment :

  • L'approbation des comptes de l'exercice écoulé
  • Le vote du budget prévisionnel
  • La fixation de la rémunération du syndic
  • Les travaux d'entretien et de conservation

Exemple pratique : sur 1 000 voix que compte la copropriété, 600 voix sont représentées à l'assemblée. Pour adopter une résolution à la majorité simple, il faut obtenir au minimum 301 voix favorables sur les 600 voix exprimées, les abstentions n'étant pas comptabilisées.

Majorité absolue (article 25 de la loi de 1965)

La majorité absolue requiert l'accord de la majorité des voix de tous les copropriétaires composant le syndicat, qu'ils soient présents ou non à l'assemblée générale de copropriété.

Cette majorité s'impose pour :

  • Les travaux d'amélioration
  • La modification du règlement de copropriété (dispositions contractuelles)
  • La désignation ou la révocation du syndic
  • L'autorisation donnée à certains copropriétaires d'effectuer des travaux

Si une résolution à la majorité absolue n'obtient que la majorité simple lors du premier vote, elle peut être soumise à un second vote à la majorité simple lors de la même assemblée ou d'une assemblée ultérieure, conformément à l'article 25-1 de la loi de 1965.

Majorité qualifiée (article 26 de la loi de 1965)

La majorité qualifiée correspond aux deux tiers des voix de tous les copropriétaires. Elle s'applique aux décisions les plus importantes affectant la structure ou l'économie de la copropriété :

  • Travaux d'économie d'énergie de l'article 25 bis
  • Travaux comportant transformation, addition ou amélioration
  • Acquisition d'immeubles
  • Actes de disposition sur les parties communes
  • Modification de la répartition des charges

Unanimité

Certaines décisions requièrent l'accord unanime de tous les copropriétaires :

  • Modification de la destination de l'immeuble
  • Modification de la répartition des quote-parts de copropriété
  • Suppression ou modification du droit de jouissance exclusive
  • Aliénation des parties communes dont la conservation est nécessaire au respect de la destination de l'immeuble

Pouvoirs et représentation

Conditions de validité des pouvoirs

Un copropriétaire empêché peut se faire représenter par un mandataire de son choix, copropriétaire ou tiers. Le mandat doit être écrit et indiquer précisément :

  • L'identité complète du mandant et du mandataire
  • La date de l'assemblée générale concernée
  • La signature manuscrite du mandant

Le mandat peut être général pour l'ensemble de l'ordre du jour ou spécial pour certaines résolutions seulement. En l'absence de consignes de vote, le mandataire vote librement dans l'intérêt du mandant.

Limitations légales

Certaines personnes ne peuvent recevoir de mandat :

  • Le syndic (sauf s'il est copropriétaire)
  • Les salariés du syndic
  • Le conjoint et les parents ou alliés jusqu'au quatrième degré du syndic

Un mandataire ne peut représenter plus d'un copropriétaire, sauf exceptions prévues par la loi (conjoint, ascendant, descendant ou autres copropriétaires du même lot).

Vote par correspondance

Le vote par correspondance n'est possible que si le règlement de copropriété le prévoit expressément. Cette modalité reste exceptionnelle dans la pratique et doit respecter des conditions strictes de forme et de délai.

Le bulletin de vote par correspondance doit parvenir au syndic au moins deux jours avant l'assemblée et contenir l'expression claire du vote pour chaque résolution.

Procès-verbal et formalités post-assemblée

Contenu obligatoire du procès-verbal

Le procès-verbal constitue l'acte authentique des décisions prises en assemblée générale copropriété. Il doit obligatoirement mentionner :

La composition du bureau (président, secrétaire) et les conditions de leur désignation.

Le décompte précis des voix pour chaque résolution, distinguant les votes favorables, défavorables et les abstentions.

Le texte intégral des résolutions adoptées et rejetées, avec indication de la majorité requise et obtenue.

Les principales observations et réserves formulées par les copropriétaires, particulièrement celles susceptibles de fonder un recours ultérieur.

Signature et notification

Le procès-verbal est signé par le président de séance et le secrétaire. Cette signature authentifie le contenu du document et lui confère sa valeur probante.

La notification du procès-verbal intervient dans un délai de deux mois maximum après l'assemblée, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre émargement. Ce délai conditionne les possibilités de recours contentieux.

Depuis 2020, la notification peut s'effectuer par voie électronique selon les mêmes modalités que la convocation, sauf opposition du copropriétaire.

Conservation des documents

Le syndic conserve l'original du procès-verbal et tous les documents préparatoires pendant trente ans minimum. Ces pièces doivent pouvoir être consultées par tout copropriétaire sur demande motivée.

Les documents comprennent notamment :

  • Les feuilles de présence
  • Les pouvoirs remis
  • Les pièces justificatives des résolutions soumises au vote
  • La correspondance relative à l'organisation de l'assemblée

Contestation et recours

Délais et conditions de recours

Les décisions d'assemblée générale peuvent faire l'objet d'un recours contentieux devant le tribunal judiciaire dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal, conformément à l'article 42 de la loi de 1965.

Ce délai est de rigueur et ne souffre aucune prorogation. Il court à compter de la réception effective de la notification, attestée par l'accusé de réception de la lettre recommandée.

Peuvent exercer ce recours :

  • Tout copropriétaire, même absent à l'assemblée
  • Le syndic, dans l'intérêt du syndicat
  • Les tiers justifiant d'un intérêt à agir

Motifs de contestation

Les assemblées générales peuvent être contestées pour plusieurs motifs :

Vices de forme : défaut ou irrégularité de convocation, ordre du jour imprécis, non-respect des délais légaux, vice dans la composition du bureau.

Vices de fond : incompétence de l'assemblée générale copropriété pour la décision prise, violation des règles de majorité, atteinte aux droits individuels des copropriétaires.

Fraude ou manœuvres : coalition frauduleuse, pression exercée sur les copropriétaires, falsification des votes.

Effets du recours

Le simple fait d'engager un recours ne suspend pas l'exécution des décisions contestées. Seul le juge peut ordonner un sursis à exécution en cas d'urgence et de risque de préjudice irréversible.

La jurisprudence admet la nullité partielle des délibérations : seules les résolutions viciées sont annulées, les autres conservant leur validité si elles présentent un caractère indépendant.

En cas d'annulation, l'assemblée doit être reconvoquée pour statuer à nouveau sur les questions annulées, dans le respect des règles légales.

Assemblées générales particulières

Assemblée générale extraordinaire

L'assemblée générale extraordinaire peut être convoquée à tout moment pour traiter de questions urgentes ou exceptionnelles ne pouvant attendre l'assemblée ordinaire annuelle.

Sa convocation obéit aux mêmes règles que l'assemblée ordinaire (délai de 21 jours, contenu de la convocation). Seul l'ordre du jour diffère, centré sur des questions spécifiques.

Cette souplesse permet de réagir rapidement aux situations d'urgence : travaux d'urgence suite à sinistre, révocation du syndic, autorisation de travaux privatifs urgents.

Assemblée générale consultative

Bien que non prévue par la loi de 1965, l'assemblée générale consultative constitue une pratique recommandée pour préparer les décisions importantes. Elle permet d'informer les copropriétaires et de recueillir leur avis avant le vote définitif.

Cette assemblée s'avère particulièrement utile pour :

  • Présenter les projets de travaux importants
  • Expliquer les enjeux d'une modification du règlement
  • Débattre du choix d'un nouveau syndic

Les avis exprimés n'ont aucune valeur juridique contraignante mais orientent utilement les décisions ultérieures.

Assemblée générale à distance

La loi Elan du 23 novembre 2018 autorise la tenue d'assemblées générales par visioconférence ou audioconférence, sous réserve que le règlement de copropriété le prévoie.

Cette modalité doit respecter des conditions techniques strictes :

  • Identification certaine des participants
  • Transmission en temps réel de l'image et de la voix
  • Dispositif de vote sécurisé
  • Enregistrement intégral des débats

La crise sanitaire de 2020-2021 a accéléré l'adoption de ces nouvelles modalités, désormais pérennisées par l'ordonnance n°2020-1144 du 16 septembre 2020.

Préparation et bonnes pratiques

Rôle du conseil syndical

Le conseil syndical joue un rôle essentiel dans la préparation de l'assemblée générale de copropriété. Il examine les comptes, contrôle la gestion du syndic et prépare les résolutions à soumettre au vote.

Sa mission comprend :

  • La vérification de la régularité de la convocation
  • L'analyse des documents comptables et des devis
  • L'instruction des demandes de travaux
  • La préparation d'un avis motivé sur chaque résolution

Cette préparation en amont améliore sensiblement la qualité des débats et facilite la prise de décision éclairée des copropriétaires.

Documents préparatoires

Les copropriétaires peuvent consulter les documents préparatoires dès l'envoi de la convocation. Cette consultation constitue un droit fondamental pour exercer utilement leur droit de vote.

Les documents comprennent :

  • Les comptes détaillés de l'exercice écoulé
  • Le budget prévisionnel proposé
  • Les devis pour les travaux envisagés
  • Les contrats d'entretien et de maintenance
  • La correspondance relative aux questions à l'ordre du jour

Le syndic doit organiser cette consultation dans des conditions pratiques raisonnables, en tenant compte des contraintes de chacun.

Communication préalable

Une communication claire et anticipée favorise la participation des copropriétaires et limite les contestations ultérieures. Cette approche préventive inclut :

L'organisation de réunions d'information préalables pour les projets complexes, permettant d'expliquer les enjeux techniques et financiers.

La diffusion de notes explicatives détaillées accompagnant la convocation, particulièrement utiles pour les résolutions techniques.

La mise en place d'un dialogue avec les copropriétaires exprimant des réserves ou des oppositions, afin de rechercher des solutions consensuelles.

Cette démarche pédagogique réduit significativement les risques de recours contentieux et améliore le climat général de la copropriété.

Questions fréquentes

Un copropriétaire absent peut-il contester une décision d'assemblée générale ?

Oui, tout copropriétaire peut contester une décision d'assemblée générale dans un délai de deux mois suivant la notification du procès-verbal, même s'il était absent lors de l'assemblée. L'absence ne constitue pas une renonciation au droit de recours. Le copropriétaire doit cependant démontrer un intérêt légitime à contester et invoquer un motif de nullité prévu par la loi.

Quelle majorité faut-il pour révoquer un syndic ?

La révocation du syndic requiert la majorité absolue définie à l'article 25 de la loi de 1965, soit la majorité des voix de tous les copropriétaires composant le syndicat. Si cette majorité n'est pas atteinte au premier vote, la résolution peut être soumise à un second vote à la majorité simple lors de la même assemblée ou d'une assemblée ultérieure, conformément à l'article 25-1.

Un mandataire peut-il représenter plusieurs copropriétaires ?

En principe, un mandataire ne peut représenter qu'un seul copropriétaire. Les exceptions concernent le conjoint, les ascendants, descendants et les copropriétaires d'un même lot (indivision). Le syndic ne peut jamais recevoir de mandat, sauf s'il est lui-même copropriétaire dans l'immeuble concerné.

L'assemblée générale peut-elle se tenir sans syndic ?

Oui, notamment dans les petites copropriétés qui choisissent de ne pas désigner de syndic professionnel. Dans ce cas, le président du conseil syndical convoque et préside l'assemblée générale. Cette situation reste exceptionnelle et concerne principalement les copropriétés de moins de dix lots avec un budget annuel limité.

Combien de temps le syndic doit-il conserver les procès-verbaux d'assemblée ?

Le syndic doit conserver les procès-verbaux d'assemblée générale pendant trente ans minimum, ainsi que tous les documents préparatoires et annexes. Cette durée correspond aux prescriptions les plus longues en matière immobilière. Les copropriétaires peuvent consulter ces documents à tout moment sur demande justifiée.

Une décision prise à la majorité simple peut-elle être annulée si la majorité absolue était requise ?

Oui, l'application d'une mauvaise règle de majorité constitue un vice de fond entraînant la nullité de la délibération. Par exemple, des travaux d'amélioration votés à la majorité simple alors que la majorité absolue était requise peuvent être annulés par le tribunal. La jurisprudence sanctionne strictement le non-respect des règles de majorité édictées par la loi de 1965.

Comment calculer les majorités lorsque des copropriétaires sont privés du droit de vote ?

Les copropriétaires privés du droit de vote (débiteurs de plus de deux échéances de charges) sont exclus du décompte des voix pour calculer les majorités. Leurs voix ne sont comptées ni au numérateur ni au dénominateur. Cette exclusion s'applique automatiquement sur présentation par le syndic de l'état des créances impayées, conformément à l'article 21-1 de la loi de 1965.

La maîtrise des règles d'assemblée générale conditionne le bon fonctionnement de toute copropriété. Au-delà des aspects purement juridiques, l'organisation rigoureuse et transparente des assemblées favorise le dialogue entre copropriétaires et prévient de nombreux conflits. Face à la complexité croissante du droit de la copropriété, particulièrement depuis les réformes récentes en matière de transition énergétique et de digitalisation, il devient essentiel de s'entourer de conseils compétents. N'hésitez pas à consulter un professionnel du droit immobilier pour toute situation complexe ou litigieuse nécessitant une expertise approfondie.

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